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Baume de Ronze |
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Commune : Orgnac |
Département : Ardèche (07) | Pays : France |
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Coord (Lambert 3) : X : 764.918 - Y : 3226.347 |
Géographiques : N 44°19'170 - E 004°24'324 |
| Développement : environ 150 m |
Dénivelé : environ - 50 m |
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SITUATION |
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La Baume de Ronze se situe sur le plateau Sud des Gorges de l’Ardèche, à proximité directe (1 kilomètre environ) de l ’Aven
d’Orgnac. On peut y accéder par plusieurs itinéraires mais le plus simple est de partir du Musée de Préhistoire d’Orgnac, environ 2 km à pied aller-retour. L'accès à la Baume est pentu et glissant, mais ne
nécessite pas de matériel particulier. Aussitôt après la descente de ce sentier escarpé d’une vingtaine de mètres menant à la baume, on débouche sur une surface plane avec à droite une baume horizontale où
de nombreuses fouilles (recouvertes) sont en cours et à gauche, la baume principale, vaste et profonde, dont l’accès est très incliné et glissant. |
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PRESENTATION |
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La Baume de Ronze est un vaste aven d'effondrement, de 60 m de diamètre pour 50 m de profondeur, facilement accessible. Situé
aujourd'hui au cœur d'un massif forestier de type taillis d'essences méso-méditerranéennes, il a été habité par l'homme depuis la dernière époque glaciaire jusqu'à l'Age des métaux. Des campagnes de
fouilles menées depuis près de 20 ans ont permis de recouper toute la séquence post-glaciaire, apportant nombre d'informations sur l'habitat et les relations homme-environnement durant le néolithique. |
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CONTENU |
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Géologie : La solubilité du calcaire dans l'eau entraîne un type d'érosion et un paysage particulier : le karst. Sur le trajet de
l’Aven d’Orgnac à la Baume de Ronze (distants d’1 km environ), des lapiaz, surfaces dénudées, corrodées et fissurées, illustrent l'action des agents d'érosion sur le calcaire et la capacité d'infiltration
des eaux dans le massif. La visite de la Baume permet de juger des effets de la dissolution du calcaire en profondeur qui entraîne la formation de galeries et de salles. L'histoire géologique de la Baume se termine
par l'effondrement de la voûte qui a ouvert le réseau vers l'extérieur et obstrué les galeries initiales. L'action du gel sur les parois a provoqué des surcreusements et l'accumulation de grandes quantités de
plaquettes calcaires, témoins des derniers grands froids. |
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PREHISTOIRE |
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Si des fouilles anciennes ont révélé des traces d'occupations paléolithiques, l'essentiel des travaux a porté sur la séquence
post-glaciaire. Celle-ci repose sur un cailloutis incliné daté de -8000 ans, généré par l'éclatement des parois sous l'effet d'un gel intense. Les premières couches (les plus profondes) recèlent une industrie
mésolithique (période située entre le Paléolithique et le Néolithique) ; elles sont suivies par les premiers niveaux du Néolithique ancien (Cardial) datés vers -6000 ans. Ceux-ci ont montré des traces
d'habitat, notamment un fond de cabane identifié par des trous de poteaux et un foyer. Plus haut, des couches cendreuses claires ou sombres indiquent une occupation par un troupeau d'ovins. En effet, en Languedoc,
les pionniers du Cardial, agriculteurs éleveurs mais peu nombreux et encore mobiles, laissent la place au Chasséen (Néolithique moyen, -4000 à -3000 ans), à de véritables communautés paysannes qui utilisent de
vastes grottes comme bergeries. Une visite préalable au musée de Préhistoire d'Orgnac montre des objets sortis des fouilles de la Baume de Ronze et un " arraché stratigraphique " sur la succession des
couches post-glaciaires. |
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VEGETATION |
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Celle qui couvre le plateau calcaire d'Orgnac est de type méso-méditerranéen (espèces qui poussent sur des sols très secs et
côtoient des plantes plus exigeantes en eau). Ceci est lié à la position septentrionale de l'Ardèche du sud dans la région méditerranéenne mais aussi à une hétérogénéité des sols. Les plateaux secs avec
roche calcaire affleurante sont entrecoupés de combes plus fraîches et revêtues d'un sol plus épais retenant mieux l'humidité. Les premiers voient se développer le chêne vert, le térébinthe et le filaire
alors que les secondes sont le domaine du chêne blanc, du genévrier commun, de l'alisier. Les plantes s'adaptent à la sécheresse : longues racines, feuilles petites et coriaces pour limiter l'évaporation et
feuilles persistantes qui permettent à la plante de pousser à tout moment, notamment à l'automne lorsque la pluie revient. Hormis les contraintes climatiques et liées au sol, la végétation a subi les assauts de
l'homme. La déforestation a eu plusieurs causes : installation de villages et de champs dans les zones basses, pâturages et coupe de bois sur les coteaux. La forêt actuelle porte les traces de ces atteintes
répétées depuis le Néolithique : surabondance du chêne vert qui rejette plus vite après la coupe que le chêne blanc ; aspect de taillis (arbre bas, troncs multiples ou cépées) ; présence d'espèces
pionnières (buis, filaire...) côtoyant des espèces forestières liées à une réouverture périodique du couvert forestier. |
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BIBLIOGRAPHIE |
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- A. Beeching, " Les gisements de Baume de Ronze et de Rochas : contribution à l'étude d'un groupe cardial Cèze, Ardèche, et
de ses prolongements septentrionaux ", dans Premières communautés paysannes en Méditerranée occidentale, Paris, Centre national de la recherche scientifique, 1987, p. 513-522 |
| - A. Beeching, Introduction à l'étude des stades néolithiques
et chalcolithiques dans le bassin du Rhône moyen, Doctorat de 3e cycle, Université de Lyon II, 1980 |
| - G. Firmin, " Premiers résultats des analyses polliniques préliminaires des abris de Font-Juvénal et de
la Baume de Ronze ", dans Premières communautés paysannes en Méditerranée occidentale, Paris, Centre national de la recherche scientifique, 1987, p. 95-102 |
| - L. Ogel, F. Prud'homme, Guide du musée, Orgnac l'Aven, Musée de préhistoire, 1998 |
| - J.-L. Roudil, Les premiers paysans de l'Ardèche, Privas, Conseil départemental de la culture de l'Ardèche,
1992 |
| - Education et Patrimoine en Ardèche « La Baume de
Ronze » de L.Ogel et Ph. Barth (Musée d’Orgnac) |